Le Festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Festival) fut l' un des rassemblements emblématiques de la culture hippie des années 1960. Il eut lieu à Bethel aux États-Unis, près de Woodstock dans l'État de New York.
Organisé pour se dérouler du 15 au 17 août 1969, les organisateurs attendaient 50 000 spectateurs. Ils seront finalement plus de 450 000. Le festival durera un jour de plus que prévu, jusqu'au 18 août 1969 avec 32 groupes et chanteurs.
Ce festival est né d'une idée commerciale. Michael Lang, jeune hippie ayant auparavant organisé le Miami Pop festival, voulait tirer de la recette d'un nouveau festival les fonds suffisants à l'achat de son propre studio d'enregistrement, Media Sounds. Ce studio se trouvait à Woodstock, repère d' artistes comme The Band et Tim Hardin. Aidé de son voisin le chanteur et parolier Artie Kornfeld, alors vice-président de Capitol Records, il convainc d'investir deux jeunes entrepreneurs newyorkais, avec lesquels il fonde Woodstock Ventures. John Roberts et Joel Rosenman, alors âgés de 24 ans, avaient diffusé dans le Wall Street Journal et le New York Times l'annonce suivante: "Jeunes hommes avec un capital illimité cherchent des opportunités d'investissement intéressantes et des propositions d'affaire".
La manifestation devait initialement avoir lieu à Wallkill, à 50 kilomètres au sud de Woodstock. La population de ce village refusa la tenue chez eux de ce festival. Le fermier Yasgur Max (né en 1919 et mort en 1973) leur loua finalement son domaine, White Lake à Bethel, un terrain de 243 hectares, pour 50 000 dollars. Suite à un procès intenté par ses voisins, ce dernier fut condamné à leur reverser 35 000 dollars de dommages et intérêts suite aux dégâts causés par les visiteurs.
Toutefois, l'appellation de Woodstock est conservée. Le nom complet du festival est The Woodstock Music and Art Fair.
"Trois jours de paix et de musique. Des centaines d'hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l'air pur !"
L' ampleur de l' événement va provoquer des embouteillages colossaux. La pluie et la boue viendront ajouter un peu plus de confusion. La programmation en fut perturbée : Richie Havens ouvrit le festival à la place du groupe Sweetwater, bloqué dans la circulation. Les artistes qui ne pouvaient accéder au site y furent finalement amenés en hélicoptère par l' armée. Une armée qui pourvoiera aussi aux besoins en eau, nourriture et médicaments. À la fin de la première journée, quand les barrières qui délimitaient le site eurent disparu, les organisateurs décidèrent d'en rendre l'accès gratuit.
La région fut peu après déclarée zone sinistrée. Aucune violence ne fut cependant rapportée et le chef de la police locale constata: "Nous avons eu moins d’ennuis avec ces 450 000 jeunes qu’avec les vacanciers ordinaires".
Dans un premier temps, et en raison du nombre important de personnes qui entrèrent gratuitement, le festival fit perdre énormément d'argent à ses organisateurs mais, suite aux ventes des enregistrements du festival (audio et vidéo), ils devinrent bénéficiaires. En effet, si Woodstock fut lun des symboles de la contre-culture et de l' anti-capitalisme pacifiste, les organisateurs durent revendre les droits à la Warner pour régler leurs dettes.
Le festival donna lieu, en 1970, à un film documentaire, réalisé par Michael Wadleigh assisté de Martin Scorsese, également pour le montage.
Il y eut également un triple album ,Woodstock, ainsi qu'un double album, Woodstock two. Pour les 25 ans du festival, un quadruple CD fut édité, avec un certain nombre d'inédits.Le film est aussi disponible en Dvd avec une ré-édition "ultimade" cette année (voir la vidéo ci-dessous).
En plus de l'édition de 1969, deux autres éditions du festival se sont tenues en 1994 à l'occasion des 25 ans du premier festival et en 1999 à l'occasion des 30 ans du premier festival. Le 15 août prochain, une quatrième édition est déjà annoncée pour les 40 ans de Festival.
Les artistes qui ont participé à la première édition: Joan Baez, The Band, Blood Sweat & Tears, Joe Cocker, Country Joe & the Fish, Creedence Clearwater Revival, Crosby Stills & Nash et Neil Young, Grateful Dead, Arlo Guthrie, Tim Hardin, Richie Heaven, Jimi Hendrix, Jefferson Airplane, Janis Joplin, Melanie, Mountain, Paul Butterfield Blues Band, Santana, John Sebastian, Sha Na Na, Ravi Shankar, Sly & the Family Stone, Sweetwater, Ten years After, Johnny Winter et les Who.
Ang Lee revisite Woodstock
Le réalisateur Ang Lee est peut-être né à Taiwan, mais il est devenu un expert dans l'art de radiographier l'âme américaine. Après The Ice Storm et Brokeback Mountain, il en fait la preuve une fois de plus avec Taking Woodstock, où il s'amuse à revenir sur le célèbre rassemblement hippie d'août 1969.
"Si vous vous souvenez de Woodstock, c'est que vous n'y étiez sûrement pas..." Ang Lee ne comptait pas parmi les 500 000 peace and love venus en pèlerinage à Woodstock (White Lake et Bethel en réalité), mais Elliott Tiber et Tom Monte, si. Sans doute sont-ils demeurés l'esprit clair, puisqu'ils ont écrit un livre, Taking Woodstock: A True Story of a Riot, a Concert, and a Life dont s'inspire le cinéaste.
Au carrefour de la grande et de la petite histoire, Taking Woodstock revient sur ce moment mémorable, alors qu'un jeune homme poli et réservé, Elliott (Demetri Martin), revenu vivre chez ses parents juifs, dans un hôtel minable du nord de l'État de New York, aidera les organisateurs à monter leur mégaspectacle. Du coup, au grand dam des résidants conservateurs, la région sera prise d'assaut par des cohortes de jeunes avides d'amour libre, de LSD, de musique et de paix. Pour Elliott, ces quatre jours d'août 1969 deviendront un moment charnière de sa vie, alors qu'il apprendra à accepter son homosexualité et à voler de ses propres ailes, loin d'une mère castratrice.
Fin observateur, Ang Lee continue son exploration des liens familiaux confrontés à une société en pleine mutation, un peu comme il l'avait fait dans The Ice Storm (Prix du scénario à Cannes en 1997), qui se déroulait au début des années 70. On regrette toutefois que le résultat ne soit pas aussi relevé. Taking Woodstock renferme bien quelques moments attendrissants (surtout dans le dernier tiers) et drôles (Imelda Staunton, en mère juive obsédée par l'argent, est particulièrement savoureuse), mais rien qui donne envie de crier au génie. Un sympathique portrait d'époque, sans plus. Le film, dans la sélection officielle à Cannes, doit sortir aux Usa en août, la fin de semaine du 40e anniversaire de Woodstock.
Woodstock à la maison
Voir Woodstock, de Michael Wadleigh, 1 coffret de 4 DVD ou 2 Blu-Ray, Warner Home Video : le film de Michael Wadleigh (1970, Oscar du meilleur documentaire) dans une version remaniée, avec scènes inédites, commentaires, entretiens avec les protagonistes et reproductions de documents d'époque.
Woodstock Diary, de D.A. Pennebaker et Chris Hegedus, 1 DVD Gravity-Warner/Discograph : réalisé en 1994, une vision moins idyllique que celle de Wadleigh avec des images inédites et des entretiens avec Michael Lang, John Roberts et John Rosenman .
Ecouter Woodstock, Music From the Original Soundtrack and More, 1 double CD Cotillion-Rhino/Warner Music et Woodstock 2, 1 double CD Cotillion-Rhino/Warner Music : réédition de la bande-son du film de Wadleigh telle que publiée à l'époque en triple album 33-tours (juin 1970), suivi d'un double album 33-tours (mars 1971).
Woodstock 40, 1 coffret de 6 CD Rhino/Warner Music : ce coffret conçu avec soin présente le festival dans son déroulé chronologique. Plus d'une trentaine d'inédits, extraits des concerts de tous les groupes présents (sauf Keef Hartley Band, The Band et Ten Years After). Epais livret avec de nombreuses photos rares.
The Woodstock Experience : Johnny Winter, Jefferson Airplane, Janis Joplin, Sly and the Family Stone, Santana, 5 doubles albums Sony Music : les prestations intégrales de cinq formations, accompagnées pour chacune d'un album studio de l'époque.
Lire Un hors-série de l'édition française du mensuel Rolling Stone (hors-série no 4, juillet-août 2009, 5,95 €) avec un fac-similé de l'édition américaine de septembre 1969 du magazine.
Un hors-série du mensuel Rock & Folk (hors-série no 25, juillet-août 2009, 9,50 €).